LA POLYSOMNOGRAPHIE ET LA POLYGRAPHIE VENTILATOIRE DANS LE SYNDROME D’APNÉE DU SOMMEIL : Matériels et techniques

L’investigation des événements respiratoires anormales comme les apnées fait appel souvent à des examens complémentaires pas courants, et dont certains sont encore nouveaux en Algérie comme la polysomnographie (PSG) et la polygraphie ventilatoire (PV) ; l’ensemble de ses examens requiert
une formation spécialisée et de l’expérience dans leurs interprétations. En général, il faut penser à demander systématiquement l’un de ces examens chez les patients avec : ronflement et somnolence le matin, obese, dépression notamment chez la femme, diabète traité mais mal équilibré, ou chez un chauffeur routier obèse somnolent ou ayant provoqué un accident.
Mots clés : Sommeil, apnée, polygraphie ventilatoire, polysomnographie

The investigation of abnormal respiratory events such as apnea often calls for additional uncommon examinations, some of which are still new in Algeria such as polysomnography (PSG) and ventilatory polygraphy (PV) ; all of its examinations require specialized training and experience in their interpretation. In general, it is necessary to think of systematically requesting one of these examinations in patients with: snoring and drowsiness in the morning, obese, depression especially in women, treated but unbalanced diabetes, or in an obese truck driver who is drowsy or has caused an accident.
Keywords : Sleep, apnea, ventilatory polygraphy, polysomnography

INTRODUCTION

Le syndrome d’apnées du sommeil est un trouble de la ventilation nocturne dû à la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires. Il touche environ 4 à 8% d’adulte essentiellement les hommes, et 1 à 4% des enfants, mais beaucoup de ces patients ne sont ni diagnostiqués ni traités.
On distingue le syndrome d’apnée du sommeil central et le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil ou SAHOS beaucoup plus fréquent.

Le SAOS est dû à des obstructions pharyngées répétées pendant le sommeil. La cause principale de ces obstructions est anatomique (obésité, rétrognathie) mais des données récentes suggèrent qu’une instabilité́ du contrôle respiratoire peut également en être responsable.
Les apnées et hypopnées nocturnes génèrent d’incessants micro-éveils qui déstructurent le sommeil et induisent une somnolence diurne invalidante (Tableaux 1, 2) avec un risque accru d’accidents de la route.
Les conséquences sur la santé sont nombreuses variées et graves, aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant (figure 1).

Il est de ce fait, indispensable de diagnostiquer rapidement ce syndrome pour apporter des solutions réalistes. Le diagnostic SAHOS doit répondre aux
critères (A) ou (B) et au critère (C).
A) Somnolence diurne excessive (SDE) non expliquée par d’autres facteurs. Elle est appréciée par l’échelle d’Epworth, Tableau 1, en évaluant aussi et ses répercussions socioprofessionnelles. Tableau 2.
B) Deux ou plusieurs des symptômes suivants qui ne peuvent être expliqués par d’autres facteurs : ronflement, fatigue, étouffement pendant le sommeil, réveils répétés pendant le sommeil, sommeil non réparateur, manque de concentration ou d’attention, atteinte de l’humeur.
C) Une épreuve diagnostique objective et valide qui démontre un indice d’apnée-hypopnées (IAH) ⩾ 5 par heure de sommeil.
Il existe deux méthodes diagnostiques acceptables du SAHOS, la polysomnographie (PSG) qui demeure la méthode de référence, et alternativement, une polygraphie (PV), qui est un test diagnostique simplifie.

Tableau 1. Échelle de somnolence d’Epworth.

0 : ne somnolerait jamais                                                                 Score Maximum 24
1 : faible chance de s’endormir                                                        Pathologique > 10
2 : chance moyenne de s’endormir
3 : forte chance de s’endormir

Tableau 2. Sévérité de la somnolence diurne excessive

Figure 1 : Conséquences du syndrome d’apnée du sommeil chez l’adulte et l’enfant.

ETAPE PRE-TEST
L’évaluation de la probabilité pré-test se fait par l’anamnèse et l’examen physique, à l’aide de questionnaires.Les questionnaires les plus couramment utilisés
et de diffusion large sont :
1. Le questionnaire STOP- BANG : (Snoring ou ronflement, day time Tiredness ou SDE, Observed apnea ou pauses respiratoires, high blood Pressure ou HTA )- (BMI ou IMC > 35, Age > 50 ; Neck circonférence ou circonférence du cou > 40 cm, Gender ou genre = male ou masculin), si chez un patient, trois ou plus des items sont présents, il sera considéré avec haut risque de SAHOS, qui doit être confirmer par un enregistrement du sommeil.

En présence de comorbidités cardiovasculaires, le STOP-Bang offre une sensibilité probablement suffisante mais au prix de très nombreux faux positifs (spécificité 40-50%).
2. Le questionnaire de Berlin : C’est le test le plus répondu, facile à administrer, comporte trois catégories d’items, il permet d’identifier les sujet a risque élevé de SAHOS, et les sujets a risque faible de SAHOS (figure 2).
Pour les sujets n’ayant pas de troubles du sommeil ce questionnaire a une sensibilité et une spécificité assez élevées, respectivement de 85,5% - 86% et 77% - 95,2%.

Figure 2 : Questionnaire de Berlin

L’évaluation de la probabilité pré-test se fait par l’anamnèse et l’examen physique, à l’aide de questionnaire, permet de poser :
1. l’indication d’un enregistrement du sommeil,
2. d’établir le choix du test le plus approprié
3. et d’aider à choisir les candidats prioritaires a un enregistrement comme le propose, les recommandations canadiennes. Celles-ci proposent 3 niveaux de priorité (Encadré 1).

Encadré 1 : Niveaux de priorité d’enregistrement du sommeil par les recommandations Canadiennes.
Priorité 1 : Patients suspects de SAHOS avec SDE sévère (Epworth > 15/h) et activité professionnelle posant des problèmes de sécurité ou avec comorbidités ou à l’oxymétrie, un index de désaturation > 30/h (seuil de 4 %) ;                                                                                                              Priorité 2 : Suspicion de SAHOS et SDE sévère ;
Priorité 3 : Suspicion de SAHOS sans comorbidités, ni SDE, ni profession a risque. Comorbidités : insuffisance coronaire, AVC, HTA réfractaire, insuffisance respiratoire, hypertension, insuffisance respiratoire hypercapnique, grossesse.

LA POLYGRAPHIE VENTILATOIRE (PV)
La PV est effectuée après une évaluation médicale complète du sommeil avec anamnèse et examen physique. Elle évalue au minimum, le flux aérien, (le débit nasal), la saturation en oxygène du sang, l’«effort respiratoire» à l’origine des débits d’air générés, par les sangles thoraciques et abdominales, et la fréquence cardiaque par une électrode ECG. Son interprétation est plus délicate lorsqu’elle est négative, amenant à réaliser une polysomnographie.

1. INDICATION :
Elle trouve son indication chez les patients qui présentent un contexte clinique approprie (probabilité pré-test élevée d’AOS au moins modérée, sans  comorbidités affectant la saturation de l’hémoglobine en oxygène ni comorbidités du sommeil. En présence d’une BPCO, le SAHOS est a rechercher, il est actuellement considéré comme une comorbidités de la BPCO, et l’association de ses deux pathologies porte le nom de «overlap syndrome».
La PV n’est pas recommandée chez les patients avec des pathologies associées aux apnées centrales (accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale chronique, insuffisance cardiaque) ou si l’on suspecte un SAHOS léger.

2. DEROULEMENT DE LA POLYGRAPHIE VENTILATOIRE :
2-1. Matériel et technique :
Le polygraphe est formé d’un boitier ergonomique, avec plusieurs entrées pour des raccords Une fiche d’appréciation subjective du sommeil sera remis au patient ; qui devra remplir et rapportée le lendemain de l’enregistrement ; cette fiche comporte l’heure du coucher, l’heure approximative du sommeil, du réveil définitif, ainsi que les observations diverses, comme l’heure et la durée des réveils intra sommeil.
La présence d’une tierce personne est fortement souhaitable, pour rappeler les instructions au patient, à savoir le déclanchement de l’enregistrement, et le remplissage de la fiche d’appréciation subjective du sommeil.
Le patient sera programmé pour l’enregistrement, le technicien, procédera à la mise en place des différents dispositifs des mesures cardiorespiratoires du polygraphe, et seront placés :
- Une canule nasale a usage unique permettant la mesure du débit aérien
- Un saturomètre collé à l’indexe par du sparadrap, permettant la mesure de la saturation en oxygène du sang. On procédera en préalable, à l’élimination d’un vernis existant sur l’angle.
- Les sangles thoraciques et abdominales mesurant l’«effort respiratoire» à l’origine des débits d’air générés.
- Une électrode ECG autocollante à usage unique, sera placée sur une ligne oblique traversant le cœur et permettant l’enregistrement de la fréquence cardiaque.
Le lendemain de l’enregistrement, le patient rapportera les dispositifs avec l’appareil polygraphe, une durée minimum d’enregistrement requise est de 6 heures.

2-2. Analyse et lecture :
L’analyse de l’enregistrement contenu dans la fiche incorporée dans l’appareil polygraphe par le logiciel sera manuelle, en s’aidant des observations rapportées sur la fiche d’appréciation subjective du sommeil (l’analyse automatique n’étant pas acceptée) permettra d’identifier les ronflements, les apnées obstructives et hypopnées obstructives, les apnées centrales, les apnées mixtes, l’IAH, ainsi que les variations de la fréquence respiratoire.
Les modifications des tracés permettent de définir les événements ventilatoires anormaux recherchés au cours du sommeil, et qui seront définies comme suit :
- L’apnée est définie comme une réduction de plus de 90 % du signal respiratoire pendant au moins 10 secondes.
- L’hypopnées est définie comme la réduction de ⩾ 30% du débit respiratoire ou des mouvements thoraco-abdominaux par rapport à la valeur de base, d’une durée minimale de 10 secondes, s’accompagnant d’une désaturation ⩾ 3% ou d’un micro-éveil-EEG (éveil de 3 secondes à l’EEG (Critère polysomnographique)).

- Hypopnée obstructive : une hypopnée associée a au moins l’une des trois situations suivantes : ronflement, augmentation de l’aplatissement inspiratoire au niveau du signal de la pression nasale et paradoxe thoraco-abdominal durant l’événement.
L’American Academy of Sleep Medicine (AASM) a classé le SAHOS selon la sévérité de l’IAH :
- IAH 5 à 15 événements par heure : SAHOS léger.
- IAH ⩾ 15 < 30 événements par heure : SAHOS modéré.
- IAH ⩾ 30 événements par heure : SAHOS sévère.
La gravite de la maladie est déterminée par le tableau clinique global et d’autre part par l’IAH. Le degré de gravite final sera déterminé en fonction
du critère prédominant par le patricien.

LA POLYSOMOGRAPHIE (PSG)
1. INDICATION :

Elle est pratiquée devant un résultat négatif d’une PV contrastant avec une forte suspicion clinique d’un SAHOS et ou en présence de plaintes évocatrices d’un autre trouble du sommeil ; la PSG permet :
- D’analyser la macrostructure du sommeil et la microstructure du sommeil (les microéveils) grâce à un électroencéphalogramme, un électro oculogramme, un électromyogramme des muscles du menton.
- De quantifier les apnées et hypopnées par la mesure du flux ventilatoire par enregistrement de la pression nasale (à l’aide d’une canule), et l’analyse du flux buccal par thermistance ; de noter les variations de saturation en oxygène grâce à un oxymétrie de pouls.
- De confirmer la nature obstructive des évène ments respiratoires avec l’enregistrement des mouvements thoraco-abdominaux (persistance des mouvements thoraco-abdominaux enregistrés) ou en mesurant la pression œsophagienne.
Elle permet également d’ajuster la thérapie par pression positive.
- De plus, elle sera utilisée pour confirmer l’efficacité des autres approches thérapeutiques (réduction pondérale, orthèse d’avancé mandibulaire, après chirurgie maxillo-faciale et ORL).

2. DEROULEMENT DE LA PSG :
La mise en place de l’appareil et les différents dispositifs se fera le soir à 18 heure par le technicien en sommeil, l’enregistrement dans une unité spécialisée ou se fera en ambulatoire. L’analyse des paramètres neurologiques, respiratoires et cardiaques sera effectuée le lendemain. Pour les enregistrements s’effectuées en ambulatoires, des consignes seront données au patient, à savoir, noter l’heure d’extinction des lumières, les heures
de lever nocturne et le retour au lit, et l’heure du réveil matinal.
L’enregistrement sera poursuivi après le réveil définitif pendant au moins 10 minutes.
Le patient rapportera l’appareil et les dispositifs seront remis le lendemain pour lecture et analyse.
2-1. Matériel et technique :
Conditions préalables :
- Les hommes barbus doivent se raser la barbe du menton.
- Les psychotropes pris la semaine avant l’enregistrement doivent être précisés.
- La consommation de stimulants (café, thé, coca) et de toxiques (alcool, tabac..) au cours de la journée précédant la nuit de l’enregistrement sera notée.
2-1.1 Matériel : Électrodes a cupules, élec-trodes autocollantes, pates abrasive, pate adhésive et pate conductrice, coton tige, gaz plat,
appareil impédance mètre (Figure 5).
2-1.2 Montage : Il se fera selon le manuel édité par A. Rechtschaffen et A. Kales :
1. Électroencéphalogramme EEG :
a- L’emplacement des électrodes : de type cupules perforées se fera selon le système 10/20, qui définit 19 endroits sur la tête avec des noms fixes, qui reflètent les structures sous-jacentes du cerveau (Fronto-Pariétal FP, Frontal F, Central C, Pariétal P, Temporal T, Occipital O). Noms impairs à gauche, noms pairs à droite. Une électrode supplémentaire sera placée en position frontale médiane, qu’on appelle électrode de terre ou de masse.
- L’enregistrement comprendra des électrodes frontales, centrales et occipitales sur les 2 hémisphères, et 6 dérivations : FP1-A2, C3-A2, O1-A2, FP2-A2, C4-A2, O2-A2.
- Après décapage du cuir chevelu avec une pâte abrasive spécifique, procéder à la mise en place des électrodes qui seront collées avec une pâte adhésive avec ou sans carré de gaze au-dessus.
- Un test de mesure de l’impédance est effectué sur place, si l’impédance n’est pas bonne (sera considérée bonne, une impédance < à 5 kOhm par impédance mètre), rajouter alors un petite noisette de la pâte conductrice dans l’électrode.

b- Acquisition des données :
Les amplificateurs seront de type AC. L’acquisition des données se fera avec une fréquence d’échantillonnage de 128 Hz au minimum, et la cadence
est de 256 Hz, sauf pour les voies occulo-gramme qui se fera avec un cadence inferieure.
c- Lecture :
Les constantes de filtrage, filtre passe-bas de 70 Hz associé à un filtre passe-haut de 0.3 Hz recommandés par la plupart des sociétés savantes.
Les époques de scorage (une page d’écran) seront de 20 ou 30 secondes. La voie centre-mastoïde se verra toujours à l’écran et on gardera sur écran le même type de présentation.

Les rythmes cérébraux (figure 3) qui composent l’EEG seront identifiés comme suit :
Activité ALPHA : sera définie par une activité

régulière à 7,5-13 Hz (cycles par seconde), avec une amplitude de 20 à 100 µV. C’est le rythme de base normal d’un adulte qui se relaxe les yeux fermés. Il est normalement le plus grand dans les dérivations postérieures du cerveau.

Les pointes au vertex premiers rencontres à l’endormissement, seront définies par des ondes biphasiques de grande amplitude (>200 μV), pointues et symétriques qui marquent l’entrée en stade 1 de sommeil ;
Fuseaux (Spindles) : sera définie par une courte bouffée d’activité rapide à 12 à 14 Hz, de durée de 0,5 à 2 secondes, et d’amplitude 15 à 100µV,
apparait surtout en stade 2, mais jamais à l’éveil ou en stade 2. Ils apparaissent le mieux dans les régions parasagittales.
Complexes K : sera définie par une onde isolée de fréquence delta, parfois avec un sommet pointu, d’une durée d’un 1 cycle avec une amplitude > 75µV ; et une fréquence : delta (0.5 à 4Hz). Les complexes K apparaissent surtout en stade 2. D’habitude maximal en région frontale.
Activité DELTA : sera définie par une activité ample excédant 75 µV et lente à 0,5-4 Hz, il est maximal sur les dérivations frontales.

2. L’électro-oculogramme (EOG) :
a- L’emplacement des électrodes EOG de type autocollantes (au besoin on placera en plus un adhésif), se fait pour un côté à 1 cm latéralement et au-dessus du canthus externe de l’œil et pour l’autre œil 1 cm latéral et au-dessous, les deux yeux seront référencés à la même électrode fixe mastoïdienne.
Pour vérifier les signaux, on demandera au sujet de déplacer les globes oculaires, sans déplacer la tête, vers la droite, la gauche, la haut et le bas lentement puis rapidement.
b- Acquisition des données :
Une constante de temps inférieure à 0.3 sec doit être utilisée en filtre passe-haut. La cadence d’échantillonnage est soit identique à celle de l’EEG soit plus lente avec une valeur minimale de 32 Hz.
c- Lecture : les mouvements oculaires s’affichent dans les EOG comme une opposition de phase.
- Les mouvements oculaires lents permettront de reconnaître le stade 1 (endormissement)

   Figure 3 : Les rythmes cérébraux qui composent l’EEG.

Une flexion extension des pieds plusieurs fois de suite sera demandée au patient pour apprécier la qualité de l’enregistrement.
Les mouvements de jambe (MPJ) seront analysés simultanément à l’EEG pour apprécier leur retentissement sur la micro-structure du sommeil, et simultanément à la respiration pour détecter les MPJ associés à des événements respiratoires.
4. Signaux cardio-respiratoires : abordés précédemment en détails dans le chapitre polygraphie ventilatoire, avec en supplément dans la PSG :
i. Pneumotachographe
ii. La pression nasale : flux naso-buccal (NAF)
iii. La respiration dérivée de la thermistance
iv. Sons trachéaux : ronflement (Phono)
v. Mouvements de la fosse sternale par un capteur sera placé sur la fosse sternale

3. Reconstruction et analyse du sommeil :
Les analyses automatiques et numérique affichent un hypnogramme analyse spectrale compressée soit sous forme d’un spectre coloré soit sous forme d’analyse de l’amplitude des différentes bandes de fréquence au cours de la nuit, par la suite une analyse visuelle de l’enregistrement se fera obligatoirement pour tous les enregistrements, par époque de 20 à 30 secondes selon les règles de A. Rechtschaffen et A. Kales. Au terme de cette analyse l’hypnogramme sera tracé et des paramètres seront calculés :
- La Période de Sommeil Totale (PST) définie par le temps écoulé entre l’endormissement et le réveil définitif.
- Le Temps de Sommeil Total (TST) définie par le PST moins la durée des éveils intra-sommeil.
- La durée des différents stades de sommeil en valeur absolue ou en pourcentage de la PST ou du TST.
- L’efficacité du sommeil (TST/PST) définie par le rapport du TST sur le PST
- La latence d’endormissement définie par le temps écoulé entre l’extinction des lumières et le premier stade de sommeil.
- La latence du sommeil paradoxal définie par le temps écoulé entre l’extinction des lumières et la première époque de sommeil paradoxal.
- Le compte des micro-éveils selon les critères de l’ASDA.
- Le temps de ronflement
- L’index apnée - hypopnées (IAH)
- Temps de Désaturation
• Une époque est définie par un enregistrement de 20 à 30 secondes sur écran.
• Chacune des époques sera codée (scorée) ; une époque correspondra a un seul stade de sommeil, et il suffira que plus de la moitie de l’époque, soit 15 secondes d’enregistrement, corresponde a un seul stade, pour que toute l’époque soit identifiée à ce stade.
• Les stades de sommeil sont eux-mêmes classifies selon des règles précises, établies sur la lecture des données de la polysomnographie (EEG, EMG et EOG simultanés).

• Un micro éveil sera définit par un déplacement brusque des fréquences EEG pour une durée comprise entre 3 et 15 secondes.
• Un codage de type micro-éveil supérieur à 15 secondes et qui prendrait plus de la moitié de l’époque, sera codée éveil.
• Une désaturation sera considérée au-delà de 3% de la valeur de base.
• Désaturation sans apnée sera considérée audelà de 3% de la valeur de base, non précédée d’apnées obstructives ou centrales.
• L’apnée est définie comme une réduction de plus de 90% du signal respiratoire pendant au moins 10 secondes (figure 4).
• L’hypopnées est définie comme la réduction de ⩾ 30% du débit respiratoire ou des mouvements thoraco-abdominaux par rapport à la valeur de base, d’une durée minimale de 10 secondes, s’accompagnant d’une désaturation ⩾ 3% ou d’un micro-éveil-EEG (éveil de 3 secondes à l’EEG).
• Hypopnée obstructive est définie comme un événement d’au moins 10 secondes avec rune éduction partielle du signal respiratoire associé à au moins l’une des trois situations suivantes : ronflement, augmentation de l’aplatissement inspiratoire au niveau du signal de la pression nasale et paradoxe thoraco-abdominal durant l’événement.
• Les mouvements des jambes seront définis par une bouffée d’activité sur le jambier antérieur durant 0,5 à 5 secondes, d’amplitude au moins égale à 25% de l’amplitude du mouvement ayant servi au calibrage au début de la nuit.
• On appellera une séquence de mouvements périodiques au moins 4 mouvements séparés par un intervalle de 5 à 90 secondes.
• Le mouvement sera considéré comme éveillant, si dans les 3 secondes suivant la fin du mouvement survient un éveil ou un micro éveil ou un complexe K.
• Le diagnostic de SAHOS sera retenu devant des symptômes diurnes et ou nocturnes avec obligatoirement un IAH ⩾ 5 par heure de sommeil. Conformément aux recommandations de l’AASM :
- Un SAHOS sera considéré léger, devant un IAH : 5 à 15 événements par heure.
- Un SAHOS sera considéré modéré, devant un IAH ⩾15 < 30 événements par heure.
- Un SAHOS sera considéré sévère, devant un AH ⩾ 30 événements par heure.
Le degré de gravité final sera déterminé en fonction du critère prédominant IAH, SDE, complication cardiovasculaire.
*Le diagnostic de Mouvements Périodiques des Jambes (MPJ),sera
retenu devant un index de MPJ éveillant > 5/h.

Figure 4 : Apnées obstructive (tracé plats, désaturation suivie d’un micro éveil).

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RUBRIQUE: Revue ANOL N° 17
IMMUNOTHÉRAPIE SPÉCIFIQUE (ITS) DANS LES ALLERGIES RESPIRATOIRES

Leila LAOUAR1 , Ahlam ALGHAZALI1 , Abdelhamid ABAD2 1 Faculty of Medicine, Benyoucef Benkhedda University, Algiers 2 Libéral

HÉTÉROTOPIE GLIALE NASALE : MASSE NASALE RARE CHEZ UN NOURRISSON.

S. BENMEZIANE** S. MEDKOUR** L. OUKAOUR* N. GUENOUA** M. HASBELLAOUI** **Service ORL-CCF CHU Bab El Oued, faculté de Médecine Alger *Service d’imagerie CHU Bab El Oued, faculté de Médecine Alger

IMAGERIE DU CAVUM

Radia BENYAHIA, Ouardia ALLICHE, Fadwa HOCINE, Salah Eddine BENDIB Service d’Imagerie médicale et Radiologie, Centre Pierre et Marie Curie - Alger

DÉNUTRITION ET CANCER DU NASOPHARYNX

S. BRAIKIA, E. KERBOUA Service Oncologie Médicale, CPMC Alger

PAPILLOMATOSE RESPIRATOIRE RÉCIDIVANTE

Lounas BENGHANEM, Malik KHIREDDINE, Mounir BISKER Service de Gynécologie Obstétrique, CHU Mustapha - Alger

RÔLE DE HPV DANS LE CARCINOME ÉPIDERMOIDE DE L’OROPHARYNX

Wassila TOUISI, Fella TERKMANI, Z. CHARAF AMIR Service d’Anatomie et Cytologie Pathologique, CHU Mustapha - Alger

LA POLYSOMNOGRAPHIE ET LA POLYGRAPHIE VENTILATOIRE DANS LE SYNDROME D’APNÉE DU SOMMEIL : Matériels et techniques

1 Leila LAOUAR, 1 Nadia LANASRI, 2 Si Said ALILI 1 Faculté de Médecine Alger 1- Université Benyoucef Benkedda. Alger 2 Libéral

APPORT DE L’IMAGERIE DANS LE DIAGNOSTIC DES TUMEURS PAROTIDIENNES

Lilya OUKAOUR1 , Samira MEDKOUR2, Radhia AIT CHALAL1 , Narimene DJAFER1 , Mokhtar HASBELLAOUI2, Amine HABOUCHI1 1 Radiologues, service d’imagerie médicale et de radiologie interventionnelle, Centre Hospitalo-Universitaire Mohamed Lamine Debaghine, 03 Boulevard Said Touati, 16000, Bab El Oued, Algérie. 2 Oto-rhino-laryngologistes, service d’ORL, CHU Bab El Oued. *Auteur de correspondance : oukaour.lylia@hotmail.fr

KYSTE DU TRACTUS THYRÉOGLOSSE À EXPRESSION ENDOLARYNGÉE

N. TERKMANE*, S. MEDKOUR*, L. OUKAOUR**, S. BENMEZIANE*, O. GUENOUA*, M. HASBELLAOUI* *Service d’ORL-CCF CHU BEO Faculté de Médecine d’Alger Université Alger 1 **Service d’imagerie médicale, CHU BEO

CHIRURGIE DE L’OREILLE MOYENNE ASSISTEE PAR ENDOSCOPIE

S. MEDKOUR**, L. OUKAOUR* , N. TERKMANE**, S. BENMEZIANE** O. GUENOUA**, M. HASBELLAOUI** **Service ORL, CHU de Bab El-Oued, Université de Médecine d’Alger * Service de Radiologie, CHU de Bab El Oued

INTÉRÊT DE LA VOIE TRANSLABYRTHIQUE DANS LA CHIRURGIE DES SCHWANNOMES VESTIBULAIRES AVEC SURDITÉ

Brahim MERROUCHE, A. RECHAK, L. MAHFOUF Service de Neurochirurgie, EHS Salim Zemirli - El Harrach

ABBAS IBN FIRNAS

M. TCHIKOU Vice président et coordinateur de la publication de la revue ANOL