La rhinite allergique chez l’enfant

La rhinite et l'asthme sont deux expressions différentes de la même affection qui touche la muqueuse respiratoire, du nez jusqu'aux petitesramifications des bronches. Chez les asthmatiques, le risque de rhinite allergique est 10 fois plus élevé que dans la population générale, et 70 à 80% des asthmatiques ont une rhinite.

1- Comment se manifeste une rhinite allergique ?

La rhinite associe prurit, éternuements en salves, écoulements clairs abondants et obstruction nasale. Parfois, elle peut s'accompagner de larmoiement el de conjonctivite, puis se compliquer d'asthme. Elle dure de quelques semaines à plusieurs mois en cas d'allergie saisonnière, ou persiste toute l'année pourles outres allergies comme celle aux acariens. Elle peut devenir invalidante en perturbant la vie sociale et en provoquant destroubles du sommeil. La distinction entre la rhinite saisonnière, principalement due à une allergie aux pollens, et la rhinite perannuelle, surtout due aux acariens, aux poils d'animaux et/ou aux moisissures, reste valable même si le consensus ARIA (Allergie Rhinitis and its Impact on Asthma) recommande de distinguer les rhinites intermittentes, si elles durent moins de 4 semaines consécutives par an, et lesrhinites persistantes,si elles durent plus de 4 semaines), quels que soient les allergènes en cause.

2- Quelle est sa fréquence ?

Pouvant affecter jusqu'à 10% des nourrissons, la rhinite allergique devient de plus en plus fréquente à mesure que l'enfant grandi)

3- Comment identifier une rhinite allergique ?

Le médecin interroge l'enfant à la recherche d'une rhinorrhée claire, des éternuements fréquents, des démangeaisons du nez, une obstruction. Ces symptômes sont observés en dehors des épisodesinfectieux, ets'expriment ou se renforcent ou contact des allergènes (pollens, animaux…). La rhinite peut être associée à la conjonctivite, ou encore à un asthme. La pâleur de la muqueuse nasale peut orienter versle diagnostic Lestests cutanés(prick-tests), éventuellement complété ? Par le dosage des IgE spécifiques, confirment le diagnostic. La rhinite allergique est sévère quand elle retentit sur la qualité de vie de l'enfant, en particulier son sommeil en raison de l'obstruction desfosses nasales. Chez lesjeunes enfants, la difficulté est de distinguer la rhinite allergique des épisodes viraux à répétition. La rhinite mucopurulente, unilatérale, douloureuse, d'autres manifestations ORL associées (saignements du nez - épistaxis- fréquents, perte de l'odorat,sinusites, otites, polypose) conduisent à évoquer un autre diagnostic que l'allergie et justifient d'envisager un complément d'investigations.

4- Que faire ?

Il est important de traiter la rhinite allergique car elle aggrave l'asthme et son traitement efficace améliore le pronostic et le contrôle de l'asthme. Inversement, la rhinite par allergie aux pollens peut être isolée, ce qui a donné l'idée de prévenir le développement de l'asthme par une immunothérapie spécifique au stade de rhinite allergique isolée. Plusieurs études effectuées en ce senssuggèrent que l'immunothérapie peut éviterl'apparition d'un asthme. Les mesures d'éviction sont efficaces lorsqu'elles sont personnalisées et associées. Les antihistaminiques anti-H1 sont efficaces sur tous les symptômes nasaux, mais moinssurl'obstruction nasale. Les corticoïdeslocaux sont indiqués en cas de rhinite allergique sévère et en cas de rhinite légère ou modérée si les antihistaminiques H1 n'ont pas donné lesrésultats espérés. L'immunothérapie par voie sublinguale est efficace et beaucoup plus sûre, les effets indésirables restant locaux et bénins, que la voie injectable qui peut (exceptionnellement ! donner des effets secondaires systémiques (rhinite, exacerbation d'asthme ou anaphylaxie).

Les comprimés à délitementsublingual constituent un progrèsimportant. Lesrecommandations préconisent l'immunothérapie aux allergènes suivants. Acariens, pollens, Alternaria (moisissure), animaux après un diagnostic allergologique précis. L'immunothérapie doit être réévaluée au bout d'un an. Elle a des effets préventifs chez les enfants ayant une rhinite par allergie isolée aux pollens et diminue la fréquence d'acquisition de nouvellessensibilisations.

ATTENTION !

Les corticoïdes par piqûre intramusculaire sont proscrits et il faut éviter les corticoïdes oraux,sauf cas particulier.