Physiologie de l’audition Oreille externe et moyenne transmission des ondes sonores

INTRODUCTION

La physiologie du système auditif a fait l’objet de progrès considérables depuis une trentaine d’années aussi bien quant à l’analyse du fonctionnement de l’oreille moyenne, de la cochlée mais également des centres auditifs. Ces progrès majeurs n’ont pu être atteints que par le développement de nombreuses techniques biologiques innovantes et l’apparition de modèles complexes appliqués aux centres nerveux.

PHYSIOLOGIE DE L’OREILLE EXTERNE :

L’oreille externe a une double fonction:

• Une fonction protectrice de l’oreille moyenne.

• Une fonction de captation et d’amplification du son.

Le pavillon capte les sons et les oriente vers l’intérieur du conduit auditif externe jusqu’à la membrane du tympan (Figure 1)

Le conduit auditif protège le tympan par ses parcours tortueux, ses poils et son cérumen.

Figure 2 Figure 3 La figure 2 représente la fonction de transfert de l’oreille externe chez l’homme en fonction de la fréquence du son incident et de son azimut.

La figure 3 rapporte l’amplification apportée chez l’homme par l’oreille externe pour un azimut de 45° en fonction de la fréquence du son incident. 1. Pavillon. 2. Conduit auditif externe. T. Total (Pavillon et conduit auditif externe).

PHYSIOLOGIE DE L’OREILLE MOYENNE :

Le rôle majeur de l’oreille moyenne est de transformer les vibrations sonores aériennes arrivant contre la membrane tympanique en variations de pressions dans les compartiments liquidiens de l’oreille interne. L’oreille moyenne a également un rôle de protection vis-à-vis de l’oreille interne, par le reflexe stapédien.

Lorsque les ondes sonores frappent la membrane tympanique (tympan) (figure 4), la compression et la décompression en alternance de l’air font vibrer la membrane d’avant en arrière. L’amplitude du mouvement de la membrane est toujours très faible et dépend de la fréquence et de la force des ondes sonores qui la frappent. La membrane vibre lentement sous l’effet de sons de faible fréquence et elle vibre rapidement en réponse à des sons de haute fréquence. Ceci grâce à la trompe d’Eustache qui assure une fonction équipressive entre l’oreille moyenne et le nasopharynx. Le rapport des surfaces entre la membrane tympanique et la platine de l’étrier étant environ de 20 à 30 (Figure 5). La force appliquée sur la membrane tympanique sur une grande surface est retransmise sur la platine de l’étrier avec un accroissement de pression proportionnel au rapport des surfaces. La région centrale de la membrane tympanique est reliée au marteau qui se met à vibrer. Les variations sont ensuite transférées à l’enclume puis à l’étrier. Le mouvement d’avant en arrière de l’étrier pousse la membrane de la fenêtre ovale vers l’intérieur et vers l’extérieur. Le mouvement de la fenêtre ovale engendre des ondes hydrauliques dans la périlymphe de la cochlée. Lorsqu’elle bombe vers l’intérieur, la fenêtre ovale provoque le déplacement de la périlymphe de la rampe vestibulaire ; les ondes hydrauliques se propagent le long de cette rampe jusqu’au liquide de la rampe tympanique et finalement vers la fenêtre ronde, ce qui la fait bomber, vers l’extérieur, du côté de l’oreille moyenne. Comme les ondes hydrauliques déforment les parois de la rampe vestibulaire et de la rampe tympanique, elles provoquent également le déplacement de la membrane vestibulaire d’avant en arrière. Par conséquent la pression dans l’endolymphe à l’intérieur du canal cochléaire augmente et diminue. Les variations de pression de l’endolymphe déplacent légèrement la membrane basilaire de l’organe de Corti.

Figure 6 : Fonction de transfert de l’oreille moyenne du cobaye à bulle fermée. La référence est le signal mesuré à l’entrée du méat acoustique externe (d’après Nuttall et Dancer).
Figure 7 : Rôle de protection de l’oreille interne par l’intermédiaire du reflexe stapédien lorsque l’intensité d’une stimulation sonore dépasse les 90 décibels.



RUBRIQUE: Revue ANOL N°13